La bataille de Diên Biên Phu 13 mars - 7 mai 1954

Après plus de huit ans de combats acharnés et malgré la victoire de Vinh Yen, les Français sont en difficulté en Indochine.L'armée du Vietminh commandée par le général Giap, continue de progresser. A l'automne de l'année 1953, la France décide de lancer une nouvelle opération d'envergure destinée à arrêter les offensives saisonnières menées par les Vietminh.

L'idée est que l'ennemi ne pourra jamais venir à bout d'un camp retranché constitué de points d'appui se soutenant les uns les autres. c'est ainsi que le 20 novemebre débute l'opération <Castor>.

 

photo : général Gilles

Confiée au général Gilles, celle-ci consiste à s'installer à Diên Biên Phu, une cuvette large de 6 à 9 kilomètres située dans le haut Tonkin, non loin de la frontière Laotienne.

Le 20 novembre des milliers de parachutistes coloniaux sautent sur Diên Biên Phu pour s'emparer de la vallée, qui est défendue par un modeste détachement de l'armée nord-vietnamienne. Une fois cette mission accomplie, les paras français remettent en l'état l'aérodrome installé par les japonais pendant la Seconde Guerre mondiale et un premier avion peut y atterrir dès le 25 novembre.

Dès lors, les rotations entre Hanoï et Diên Biên Phu ne vont plus cesser pour apporter ravitaillements, artillerie et munitions. Les unités parachutistes sont pratiquement toutes relevées et remplacées par des unités d'infanterie, qui établissent un camps retranché protégé par des fortins baptisés de prénoms de femmes, un réseau de tranchées, ainsi que des mines et du fer barbelé.

le 31 décembre, plusieurs divisions de vietminhs s'approchent du camp retranché et commence à l'encercler. Le général Giap (photo ) est bien décidé à y remporter une victoire décisive afin de mettre fin à la guerre. Le 13 mars 1954, les troupes nord-vietnamiennes se lancent à l'assaut des positions françaises après une intense préparation d'artillerie. Les combats, très durs, se poursuivent pendant deux jours au cours desquels on en vient au corps à corps. Ayant subi de lourdes pertes le général Giap doit se réorganiser et se réapprovisionner. Mais après quinze jours d'accalmies, les troupes françaises, commandées par le général de Castries, subissent une nouvelle vague d'attaques très violentes. Coincées dans la cuvette de Diên Biên Phu elles n'ont bientôt aucune possibilité d'évacuation, plus aucun avion n'est parvenu à décoller aprés le 26 mars. Elles ne peuvent pas non plus compter sur un appui aérien car les conditions météorologiques, le relief et l'intensité de la défense anti-aérienne du Vietminh empêchent toute intervention de l'armée de l'air.

Les légionnaires et parachutistes farnçais, ainsi que leurs alliés vietnamiens subissent les tirs de l'artillerie ennemie, qui les pilonne en permanence depuis les collines situées à proximité .Leur résistance va être héroïque, mais dans les semaines qui suivent, les points d'appui vont tomber les uns après  les autres. Le 7 mai, après 57 jours et nuits de combats acharnés, Diên Biên Phu finit par tomber( photo couleurci-dessous prise du PC de commandement GONO). les Français n'ont plus de munitions et plus guère d'hommes valides. Ils déploreront 3420 tués ou disparus et 11721 d'entre eux seront faits prisonniers dont près de 5000 blessés. Ceux-ci vont alors endurer une longue captivité pendant laquelle ils devront parcourir près de 700 kilomètres à pieds à travers la jungle et la montagne pour rejoindre des camps.

Cette marche causera la mort de plus de 7000 d'entre eux. Côté vietnamien, sur près de 10 0000 hommes engagés, on estime les pertes à plus de 10 000 tués et près de 20 000 blessés. Suite à cette défaite la France signe les accords de Genève(21 juillet 1954), qui mettent fin à la guerre d'Indochine et divisent le Viêtnam en deux parties séparées par une zone démilitarisée.